L'écriture intérieure
- il y a 4 jours
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J’ai longtemps cru que partir signifiait aller loin.

Pendant vingt-cinq ans, j’ai vécu à l’heure des avions, des frontières et des histoires à raconter vite. Grand reportage, continents qui s’enchaînent, visages croisés, paysages traversés. Tout allait vite. Trop vite pour vraiment laisser quelque chose s’installer.
Et puis un jour, une autre forme de départ s’ impose.
Aller vers l’intérieur.
Cela commence par la recherche d'un lieu.
Ouvert et ancré à la fois.
Je l’ai trouvé, entre mer et montagne.
Dans un maquis vivant, traversé par le vent et les parfums de genévrier, de lentisque et de feuilles de figuier.
C’est ici que j’ai commencé à écrire autrement.
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I — Un lieu pour écrire,…
Il y a quelque chose que le reportage m’a appris :
les choses vraiment importantes arrivent quand on cesse de les chercher.
L’écriture fonctionne de la même manière.
Je marche pour trouver des botaniques à distiller, je reviens avec des émotions et des pistes d’écriture.
Les sentiers deviennent des lignes de pensée.
Les plantes que je cueille — immortelle, ciste, myrte — parfument les souvenirs, les idées et m’invitent sur d’autres pistent à explorer.
Le corps avance. L’esprit suit.
On ne s’installe pas pour écrire.
On crée les conditions pour que l’écriture apparaisse.
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II — Le temps comme matière
Nous vivons tous sous pression.
Des messages. Des décisions. Des échéances.
Et l’écriture reste toujours après.
Après cette réunion.
Après cette période.
Après plus tard.
Et pourtant, le besoin d'écrire ne disparaît pas.
Il attend.
L’écriture n’est jamais urgente.
Mais c’est surement la seule chose que je pourrai regretter de ne pas faire.
Alors j’ai décidé de l'aborder comme un voyage.
Un rendez-vous.
Une date.
Un lieu.
Une intention.
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III — Une méthode simple
Au-delà de toutes méthodes, je crois aux conditions.
Trouver un lieu sans notifications et sans regard extérieur pour s’écouter et cheminer de l’intérieur
Laisser le besoin de structure et de direction s’imposer à son tour.
Pourquoi écrire ?
Pour qui ?
Sur quoi ?
Comment ?
C’est ce qui évite de se perdre.
Revenir au présent alors que écriture nous tire constamment vers le passé ou vers l’avenir.
ce que je ressens, ici, maintenant.
C’est là que le texte devient juste.
Se donner un vrai rendez-vous
Ouvrir son agenda.
Choisir une date.
Réserver un lieu.
Le simple fait de poser ce rendez-vous crée déjà le mouvement.
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IV — Ce qu'ici et maintenant m’ont appris
Le maquis impose un rythme.
Il ralentit et transforme le temps en voyage intérieur
Comme les plantes que l’on distille l’écriture fonctionne par assemblage.
Des souvenirs.
Des émotions.
Des fragments de vie.
Pendant que l’alambic travaille, les idées s’organisent.
Quelque chose se clarifie.
Ce que chacun écrit ici est différent.
Une lettre.
Un récit.
Une histoire inachevée.
Mais le mouvement est toujours le même :
Ce n’est pas une fuite.
C’est un retour.
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V — Une invitation
Si vous ressentez ce besoin — même confus —
cette écriture en attente, ce projet repoussé, cette pensée qui revient —
Alors il ne manque peut-être qu’une chose :
un lieu
et un moment.
Le reste suivra.
Le maquis corse a de la place pour vos mots.
Et ici, le silence travaille avec vous.
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RETRAITES D’ÉCRITURE · U VIAGHJU — BALAGNE
Séjours immersifs en petits groupes
Écriture · Distillation · Maquis


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